L’Atelier Immédiat voit le jour dans le sillage de l’action des Enfants de Don Quichotte. Il rassemble des professionnels de la création d’espaces déterminés à répondre aujourd’hui même aux besoins urgents des sans-abri et mal-logés qui se trouvent dans les rues, les centres d’hébergements d’urgence, ou ailleurs.


L’Atelier Immédiat veut imaginer des réponses d’habitat, et non de logement, avec et pour ceux qui sont contraints de vivre dans des conditions inadmissibles. Il est donc un interlocuteur direct des personnes dans la détresse, mais aussi des associations de terrain comme des collectivités locales déterminées à agir contre le mal logement. Considérant qu’il s’agit de s’adresser à des personnes humaines, particulièrement fragilisées qui plus est, il défendra l’idée que chacun des projets développés dans ce contexte doit faire l’objet de tous les soins, et doit présenter des qualités exemplaires. Il s’oppose ainsi à la philosophie de la solution au rabais, et à l’esthétique de la précarité qui lui est associée.


L’Atelier Immédiat veut rompre avec la logique de la solution globale et, insistant sur les vertus de l’expérimentation tous azimuts, veut démontrer que des réponses souples, transitoires, évolutives, en devenir, et de qualité toujours, sont imaginables pour faire face aux questions diverses, complexes, singulières que posent les personnes pour lesquelles il veut œuvrer. Cette attitude nécessite d’une part une logique de proximité, une attention toute particulière aux personnes pour lesquelles il s’agit d’œuvrer, et donc une connaissance fine du contexte du mal logement. Cette attitude nécessite d’autre part la capacité de convaincre les collectivités locales de changer de regard, tant sur des projets de cette nature que sur la ville elle-même : celle-ci doit être conçue comme un espace à partager, comme un lieu souple, comme un terrain d’expérimentations multiples, évolutives, modulables, transitoires.


L’Atelier Immédiat veut apporter sa part à la constitution nécessaire d’une expertise relative aux formes de réponses à la question du mal logement comme aux processus économiques et juridiques les accompagnant. Il veut créer les conditions d’une véritable économie de l’intervention immédiate de professionnels habituellement non sollicités sur de tels chantiers pour des raisons qui relèvent notamment de blocages administratifs et culturels, si ce n’est de blocages liés à une certaine culture administrative. Il ne prétend néanmoins pas se substituer à la politique de l’Etat qui, en vertu du Droit au Logement Opposable, se doit de garantir « l’accès à un logement pour tous ». Mais il prétend, par les actes, participer à la construction d’une ville hospitalière, horizon devenu indispensable aujourd’hui.




15 décembre 2007.



Collectifs fondateurs :

Coloco, Encore Heureux, Exyzt, Flux, Integral, RozO.






jeudi 24 septembre 2009

Situation 7




Rue de Lyon, 75012 Paris, 23 septembre 2009.
Ici, porte de sortie du Parking dont la porte d'entrée a été aménagée il y a peu (voir Situation 6), une jeune femme avait installé une tente pour elle et ses chiens.

dimanche 30 août 2009

Situation 6



Rue de Lyon, 75012 Paris, 20 août 2009.
Ici, depuis des mois, vivaient plusieurs sans-abri. L'espace accueillait deux tentes, une petite table, quelques chaises. Ces quelques personnes sont parties passer l'été dans le bois de Vincennes, comme beaucoup de sans-abri de Paris, laissant temporairement l'espace vacant. On a pu alors y placer quelques éléments de mobilier.

Situation 5




Rue Jules César, 75012, 20 juin 2009
Sur le pallier d'Objectif Bastille, magasin de matériel photo, dormait un homme depuis quelques mois. Un anglais manifestement.

Situation 4









Boulevard de la Bastille, 75012 Paris, 25 janvier 2008
Début janvier, une barrière est apparue qui mettait à distance une petite superficie abritée du vent sur laquelle dormait Jimmy. La barrière ne sert qu'à condamner cet espace qui jouxte le hall d'entrée d'une société d'assurance.

Situation 3





Canal Saint-Martin, 17 juin 2007
Une fois le canal débarrassé des tentes des Enfants de Don Quichotte, la Mairie de Paris a placé deux vigiles qui, se relayant nuit et jour, étaient chargés de veiller à ce que les tentes ne se réinstallent pas. Le dispositif est demeuré environ deux mois.

Situation 2





Canal Saint-Martin, 17 juin 2007.
En marge de l'action des Enfants de Don Quichotte, des regroupements de tentes s'étaient développés plus haut sur le canal. Sur cette petite plage se trouvait un rassemblement de tentes de roumains. La Mairie, décrétant combien "capitale" est la nature, a décidé d'aménager ici un "aménagement végétalisé".

Situation 1





Canal Saint-Martin, 17 juin 2007.
Tout en haut du Canal, face au Point Ephémère, de nombreuses tentes constituaient une sorte de village. Celles-ci furent évacuées en même temps que les tentes des Enfants de Don Quichotte. La Mairie a déversé là d'improbables plots de béton.