L’Atelier Immédiat voit le jour dans le sillage de l’action des Enfants de Don Quichotte. Il rassemble des professionnels de la création d’espaces déterminés à répondre aujourd’hui même aux besoins urgents des sans-abri et mal-logés qui se trouvent dans les rues, les centres d’hébergements d’urgence, ou ailleurs.
L’Atelier Immédiat veut imaginer des réponses d’habitat, et non de logement, avec et pour ceux qui sont contraints de vivre dans des conditions inadmissibles. Il est donc un interlocuteur direct des personnes dans la détresse, mais aussi des associations de terrain comme des collectivités locales déterminées à agir contre le mal logement. Considérant qu’il s’agit de s’adresser à des personnes humaines, particulièrement fragilisées qui plus est, il défendra l’idée que chacun des projets développés dans ce contexte doit faire l’objet de tous les soins, et doit présenter des qualités exemplaires. Il s’oppose ainsi à la philosophie de la solution au rabais, et à l’esthétique de la précarité qui lui est associée.
L’Atelier Immédiat veut rompre avec la logique de la solution globale et, insistant sur les vertus de l’expérimentation tous azimuts, veut démontrer que des réponses souples, transitoires, évolutives, en devenir, et de qualité toujours, sont imaginables pour faire face aux questions diverses, complexes, singulières que posent les personnes pour lesquelles il veut œuvrer. Cette attitude nécessite d’une part une logique de proximité, une attention toute particulière aux personnes pour lesquelles il s’agit d’œuvrer, et donc une connaissance fine du contexte du mal logement. Cette attitude nécessite d’autre part la capacité de convaincre les collectivités locales de changer de regard, tant sur des projets de cette nature que sur la ville elle-même : celle-ci doit être conçue comme un espace à partager, comme un lieu souple, comme un terrain d’expérimentations multiples, évolutives, modulables, transitoires.
L’Atelier Immédiat veut apporter sa part à la constitution nécessaire d’une expertise relative aux formes de réponses à la question du mal logement comme aux processus économiques et juridiques les accompagnant. Il veut créer les conditions d’une véritable économie de l’intervention immédiate de professionnels habituellement non sollicités sur de tels chantiers pour des raisons qui relèvent notamment de blocages administratifs et culturels, si ce n’est de blocages liés à une certaine culture administrative. Il ne prétend néanmoins pas se substituer à la politique de l’Etat qui, en vertu du Droit au Logement Opposable, se doit de garantir « l’accès à un logement pour tous ». Mais il prétend, par les actes, participer à la construction d’une ville hospitalière, horizon devenu indispensable aujourd’hui.
15 décembre 2007.
Collectifs fondateurs :
Coloco, Encore Heureux, Exyzt, Flux, Integral, RozO.