L’Atelier Immédiat a vu le jour en 2007 à Paris, dans le sillage de l’action des Enfants de Don Quichotte. Il a rassemblé concepteurs et constructeurs d’espaces déterminés à intervenir auprès des sans-abri et mal-logés affrontant au quotidien l'inhospitalité de nos espaces urbains. Par l'expérimentation et la réflexion, fragiles par définition, il s'est donné pour ambition de concevoir des réponses avec et pour ceux qui, malgré tout, cherchent refuge ici-même. Parce qu'il nous faut rompre avec toutes les positions militantes, politiques, ou professionnelles, qui interdisent d'agir et de penser à nouveaux frais. Parce qu'il nous faut rompre avec le mythe de la solution de logement, définitive et globale, rêve et cauchemar tout autant. Parce qu'il nous faut rompre avec les visions, infiltrées dans tous les partis, qui président au développement d'un urbanisme massif, héroïque et mortifère tout autant.

Parce qu'il nous faut inventer d'autres manières d'expérimenter tous azimuts, d'agir sans relâche, de construire pour et avec les personnes désarmées, mais jamais démunies de tout. Parce qu'il nous faut mobiliser autrement le droit, l'économie, le "social", et composer d'autres horizons de pensée et d'action. Parce qu'il nous faut imaginer des réponses souples, transitoires, évolutives, en devenir et remarquables, et faire ainsi face aux questions diverses, complexes, singulières, et urgentes qui nous sont posées, ici et maintenant. Parce qu'il nous faut trouver le chemin des "villes invisibles" pour toujours davantage leur "faire de la place", comme nous y invite Italo Calvino :

L'enfer des vivants n'est pas chose à venir ; s'il y en a un, c'est celui qui est déjà là, l'enfer que nous habitons tous les jours, que nous formons d'être ensemble. Il y a deux façons de ne pas en souffrir. La première réussit aisément à la plupart : accepter l'enfer, en devenir une part au point de ne plus le voir. La seconde est risquée et elle demande une attention, un apprentissage, continuels : chercher et savoir reconnaître qui et quoi, au milieu de l'enfer, n'est pas l'enfer, et le faire durer, et lui faire de la place.

Italo Calvino, Les villes invisibles.






vendredi 4 décembre 2009

Complément Situation 2 (Bis)



"L'aménagement végétalisé" réalisé.
(Lien vers la Situation 2 : ici)

Complément Situation 2




Avant les "aménagements végétalisés", et avant même qu'ils soient imaginés.
(Lien vers la Situation 2 : ici)

Complément Situation 1





Un an plus tard, des "aménagements" ont pris la place des plots de béton.
(Lien vers la Situation 1 : ici)

jeudi 24 septembre 2009

Situation 7





Rue de Lyon, 75012 Paris, 23 septembre 2009 / puis 12 octobre 2009
Ici, porte de sortie du Parking dont la porte d'entrée a été aménagée il y a peu (voir Situation 6), une jeune femme avait installé une tente pour elle et ses chiens.

dimanche 30 août 2009

Situation 6



Rue de Lyon, 75012 Paris, 20 août 2009.
Ici, depuis des mois, vivaient plusieurs sans-abri. L'espace accueillait deux tentes, une petite table, quelques chaises. Ces quelques personnes sont parties passer l'été dans le bois de Vincennes, comme beaucoup de sans-abri de Paris, laissant temporairement l'espace vacant. On a pu alors y placer quelques éléments de mobilier.

Situation 5




Rue Jules César, 75012, 20 juin 2009
Sur le pallier d'Objectif Bastille, magasin de matériel photo, dormait un homme depuis quelques mois. Un anglais manifestement.

Situation 4









Boulevard de la Bastille, 75012 Paris, 25 janvier 2008
Début janvier, une barrière est apparue qui mettait à distance une petite superficie abritée du vent sur laquelle dormait Jimmy. La barrière ne sert qu'à condamner cet espace qui jouxte le hall d'entrée d'une société d'assurance.